Page d'accueil

 

 

 

 

Une figure de la résistance : un témoignage sur le ghetto de Varsovie

 

Carte

Dans le cadre du projet « Histoire et mémoire du XXème siècle », le but de ce travail est de présenter la figure de résistants à la domination nazie. Les élèves ont ici travaillé sur la révolte du ghetto de Varsovie, à partir notamment de ce document :

Livre

L’action de ces résistants juifs  est ici vue à travers un extrait de la lettre de Szmul Zygielbojm :
« Dès 1940, les nazis mènent une « guerre de race » dont les juifs polonais qu’ils enferment dans les ghettos sont les premières victimes après l’invasion de la Pologne par les armées allemandes en septembre 1939.
Un ghetto est un quartier qui est strictement réservé aux juifs. Les ghettos ne sont pas assez grands pour que tous les juifs puissent s’y installer convenablement. Les conditions de vie sont insalubres, les juifs sont maltraités, mal nourris, etc. Pour travailler, ils sont emmenés à l’usine puis ramenés au ghetto par les nazis : la vie du ghetto était coupée du reste du monde, les juifs sont totalement exclus de la société.
A partir de juin 1941, des massacres ont lieu sur le territoire soviétique conquis. La politique d’extermination s’amplifie en 1942 avec l’ouverture des camps de la mort – la « Solution finale » - par la conférence de Wannsee. Certains juifs choisissent de s’opposer à l’occupant nazi par patriotisme ou pour défendre les valeurs démocratiques et humanistes. La résistance diffuse des tracts et des journaux afin de rallier d’autres personnes mobilisées à résister ».

Tract

Sur ce billet de banque polonais, il y une surimpression en polonais : « LE GHETTO COMBAT ». Ce billet a circulé dans Varsovie.
Il est reproduit à l’adresse suivante :
http://perso.wanadoo.fr/d-d.natanson/ghetto_varsovie.htm

 

Dans le ghetto de Varsovie, les juifs se sont révoltés contre les S.S. (troupes de la garde personnelle d’Hitler) et la Gestapo (police politique du nazisme chargée de traquer les opposants au régime). Vers avril et juillet 1942, les déportations des ghettos s’étendent à tous les pays. Les déportations de tous les habitants du ghetto avaient eu lieu le 22 juillet 1942. Les nazis ont décidé de liquider le ghetto le 19 avril 1943, entre 4 et 6 heures du matin, alors que des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants résidaient dans ce ghetto. La résistance juive comptait alors 750 habitants.

Szmul Zygielbojm est un juif qui a été déporté dans le ghetto de Varsovie. Zygielbojm a écrit une lettre pour témoigner de ce qui s’est passé dans les ghettos, pour que la destruction des juifs d’Europe ne se reproduise jamais. Il rend hommage aux juifs résistants qui ont laissés leur vie pour lui. Zygielbojm reproche aux alliés de n’avoir rien fait pour arrêter ce massacre. Il veut que le peuple juif vive en paix ; il en avait assez de se taire. Il se suicide le 12 mai 1943. Sa lettre est donc un témoignage sur la vie dans le ghetto, sur les figures de la résistance, et une lettre de suicide. Voici des extraits de sa lettre :

 

Lettre de Szmul Zygielbojm (extraits)
« Derrière les murs du ghetto se déroule à présent le dernier acte d’une tragédie sans précédent dans l’Histoire. La responsabilité du forfait consistant à exterminer la totalité de la population juive de Pologne retombe au premier chef sur les exécutants ; mais, indirectement, elle rejaillit également sur l’humanité tout entière. Les nations et les gouvernements alliés n’ont entrepris jusqu’ici aucune action concrète pour arrêter le massacre.
En acceptant d’assister passivement à l’extermination de millions d’êtres humains sans défense —les enfants, les femmes –  et les hommes martyrisés - ces pays sont devenue les complices des criminels.[...]
Je ne puis me taire. Je ne peux pas rester en vie alors même que disparaissent les derniers restes du peuple juif de Pologne dont je suis  le représentant. Mes camarades du ghetto de Varsovie ont succombé, l’arme au poing, dans un dernier élan héroïque. Il ne m’a pas été donné de mourir comme eux, ni avec eux. Mais ma vie leur appartient et j’appartiens à leur tombe commune. Par ma mort, je désire exprimer ma protestation la plus profonde contre la passivité avec laquelle le monde observe et permet l’extermination du peuple juif.
Je suis conscient de la valeur infime d’une vie humaine, surtout au moment présent. Mais comme je n’ai pas réussi à le réaliser de mon vivant, peut-être ma mort pourra-t-elle contribuer à arracher à l’indifférence ceux qui peuvent et doivent agir pour sauver de l’extermination — ne fût-ce qu’en ce moment ultime — cette poignée de juifs polonais qui survivent encore. Ma vie appartient au peuple juif de Pologne et c’est pourquoi je lui en fais don. Je désire que l’infime résidu des millions de Juifs de Pologne resté en vie puisse survivre assez longtemps pour connaître, avec les masses polonaises, la Libération et qu’il puisse respirer dans un pays et un monde de liberté et de justice socialistes pour toutes ses peines et ses souffrances inhumaines. »
Londres, mai 1943 (signé) Szmul Zygielbojm (il s’est donné la mort le 12 mai 1943)

Tiré de l’ouvrage de Hiltel Seidman, "Du fond de l’abîme, Journal du ghetto de Varsovie", Pion, 1998. Traduit de l’hébreu et du yiddish par Nathan Weinstock.

 

 
Histoire et mémoire(s) de la première guerre mondiale

Histoire et mémoire(s) de l’Europe face à la domination nazie

> Histoire de l’Europe
face à la domination nazie
A - La mise en place du totalitarisme
   nazi en Allemagne
  · Qu’est-ce que le totalitarisme nazi ?
  · La musique dans la propagande du    totalitarisme nazi

B - Repères
  · L’Aktion T4
  · La seconde guerre mondiale –
   le front européen

  · L’engagement des soldats coloniaux
   dans la seconde guerre mondiale
  · La destruction des juifs d’Europe
  · La politique de collaboration
   du régime de Vichy

C - Figures
  · Une figure de bourreau – Rudolf
   Hoëss

  · Une figure de la résistance – un
   témoignage sur le ghetto de Varsovie

  · Figures de résistants – les étrangers
   dans la résistance française

> Mémoire(s) de l’Europe
face à la domination nazie

> Être citoyen français et européen aujourd’hui

Histoire et mémoire(s) de la décolonisation